MENNECY ET SON HISTOIRE
Association régie par la loi de 1901


BREF HISTORIQUE DE MENNECY

Entre la Beauce et la Brie, Mennecy est en Hurepoix, dans ce petit pays d'Île-de-France qui tire son identité de ses vallées humides et de ses coteaux fertiles. Situé au-dessus des prés tourbeux, sur la pente sablonneuse qui longe la rive droite de l’Essonne, le village s’est installé au Moyen-Âge en un lieu habité par les hommes depuis les temps les plus anciens. En effet, les nombreux outils en pierre taillée et polie trouvés sur le territoire de la commune ainsi que les noms de certains lieux-dits témoignent de la présence locale d'êtres humains aux temps préhistoriques.


De même, la présence de substructions de villas gallo-romaines et la découverte d'objets de bronze typiques confirment l'existence de l'occupation du sol menneçois par les descendants des troupes de César, aux premiers siècles de l'ère chrétienne. Ainsi la forme écrite la plus ancienne du nom de notre ville, Manassiacum, provient-elle du nom propre romain Minacius.


Sous les Capétiens, le comté de Corbeil entre dans le domaine du roi et la terre de Mennecy fait l'objet d'un don royal en faveur de la collégiale Notre-Dame. Devenu ainsi terre d’Église, notre village est bientôt doté au XIIIe siècle d’un superbe lieu de culte gothique, imposant et étonnant pour une petite paroisse de campagne. La particularité du monument réside dans son implantation nord-sud, peu conventionnelle, ainsi que dans sa disposition intérieure en deux nefs, qui semble n'être apparue en France qu’en l’an 1221. La découverte récente d’une sépulture du XIVe siècle, construite dans le sol du narthex, a apporté son complément de mystère : dans le sarcophage de plâtre, à côté du corps placé en décubitus dorsal, la présence d'une longue badine de coudrier, identique à celles que l’on a pu découvrir dans certaines sépultures royales, n’a pas encore fini d’exciter notre curiosité.


Tout proche du village de Mennecy, Villeroy ou Villa regis, fut également un don royal en faveur d’un preux. C’est le chevalier Jehan de Grez qui en détient les droits seigneuriaux au début du XIVe siècle, précédant l’église Notre-Dame de Paris suzeraine à partir du printemps 1331. Le fief, modeste espace féodal, devient un petit village de quelques chaumières groupées autour d’une église dédiée à la Vierge Marie. Après la guerre de cent ans, Guillaume de Tignonville, le propriétaire foncier, est conseiller, chambellan du roi et bailli de Chartres. En 1497, son petit-fils, Jean du Monceau, chevalier de Saint-Cyr, cède le domaine à Jean Legendre, conseiller du roi et trésorier de ses guerres. Pierre Legendre, fils de Jean, vend Villeroy à son beau-frère, Nicolas de Neufville, auquel, faute d’héritier direct, il lègue l’ensemble de ses autres biens.


Un peu à l’écart de Mennecy et de Villeroy, la ferme de la Verville appartient alors à l’abbaye des Vaux-de-Cernay.
À la fin du XVIe siècle, Nicolas IV de Neufville, seigneur de Villeroy, secrétaire d’État et trésorier de quatre rois de France successifs, se rend acquéreur de la belle ferme et du village de Mennecy. Les trois lieux réunis autour de l’église Saint-Pierre, sous l’autorité d’un seul seigneur ayant droit de nomination à la cure, forment désormais la paroisse de Mennecy-Villeroy.


Les relations entre la famille de Neufville et les rois de France atteignent les plus hauts sommets. Le marquisat de Villeroy, érigé en 1615, devient duché en 1651. Le duc François de Neufville, maréchal de France et ami d’enfance de Louis XIV, assure la mission de gouverneur de Louis XV. Le dernier des Villeroy, Gabriel, meurt sur l’échafaud le 28 avril 1794, sans laisser de descendance. À ce grand bâtisseur, nous devons les avenues périphériques, l’alignement des façades des maisons du centre ville, la construction de la Porte-de-Paris, les pavillons de l’entrée de la rue de Milly, les communs et la cave de Villeroy.


En fait, les Neufville sont grands amateurs d’art. Madeleine de l’Aubespine, l’épouse de Nicolas IV, poétesse reconnue comme fille spirituelle de Ronsard, habite le beau château construit à partir de 1559. Le parc sert d’écrin au célèbre David de Bronze de Michel-Ange et la chapelle est ornée d’une copie fidèle de la Descente de croix de Rubens. Sous la protection ducale, une manufacture de faïence et de porcelaine tendre fonctionne à Mennecy Villeroy de 1735 à 1777. Porcelaine rivale des plus belles productions de l’époque, elle reste aujourd’hui notre véritable ambassadrice de charme, celle que l’on rencontre dans tous les grands musées de céramique du monde.


Pendant la période révolutionnaire, les Menneçois, séparés en deux clans antagonistes, dont le plus fougueux est animé par le prêtre Jean Michel Delanney, embrassent avec enthousiasme les idées nouvelles. Le curé, élu à 40 ans premier maire de la ville, rencontre une solide opposition. Ses ennemis trouvent le moyen de précipiter son départ : ils obtiennent de la Convention le décret de « déprêtrisation » qui entraîne la déchristianisation en France.


Quant au château de Villeroy, « l’une des plus belles demeures de la Renaissance », il traverse assez bien la tourmente mais est pourtant sacrifié par ses propriétaires qui réalisent un profit financier en le livrant à la démolition dans le but de vendre les matériaux.
Devenue au XIXe siècle une petite ville bourgeoise, Mennecy voit arriver le chemin de fer en 1865. C’est le début de la civilisation moderne qui fait s’épanouir notre « commune d’Europe », dans le cadre verdoyant et agréable que nous lui connaissons aujourd’hui.


Nicole Duchon
présidente de l’Association Mennecy et son Histoire

 

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